Le Patois : conseils
Quelques points à retenir pour bien lire notre patois : L'accent tonique d'un mot :
En parler savoyard, l'accent tonique peut se porter sur l'avant dernière syllabe, situation qui n'existe pas en français. Aussi faut-il un signe particulier pour indiquer cet aspect essentiel de la prononciation. La graphie de Conflans donne pour consigne de souligner la voyelle de la syllabe tonique. Pour ne pas surprendre le lecteur, j'ai préféré dans la plupart des cas mettre un accent circonflexe sur la syllabe tonique. Le son ïn :
Une particularité du patois de la côte d'aime tient à la prononciation de la syllabe (<<ïn >> . Ce n'est pas le son de << tintin >> ni <> ni <> ni<>, c'est le <<ïn>> méridional très marqué, très fermé, surmonté d'un tréma. Les mots: vin , chien, mien .....s' écrivent donc en patois : vïn, schïn, mïn ....
La lettre <<è>>
Cette lettre <<è>>: surmontée d'un accent circonflexe, se prononce très ouverte. Par exemple: bôkêt (bouquet) , bèschêt ( le bout ).
Le <> final Dans les mots poulet, sifflet, le <> final passe inaperçu en français. Dans notre patois il faut prononcer la finale qui est toujours sonore, comme dans basket, gadget, mais en son très ouvert.
Le son <>
Dans carré, corbeau, quart, le son << K > > sera toujours écrit K. D'où Karrâ, Kôrbé, Kârt. La lettre C n'est utilisée que dans CH. Le son <>
Dans le patois de la Côte d'Aime le son <> n'existe pas, il est zozoté. Il se prononce la langue entre les dents.On aurait pu employer la lettre grecque Théta ou la graphie anglaise TH. Nous l'écrirons simplement SH ou SCH , comme par exemple le schïn ( le chien) la shâtïn ( l'été ). Le son <>? n'existe pas non plus. On atténue le Z en l'écrivant ZH. Exemple: le zévrô ( le brouillard), le zharbon (la taupe). Le <> muet
L'aspiration est notée en patois. Il s'agit de consonnes constructives. Cette lettre <> peut donc servir à noter une articulation postérieure. Exemple: La féha ' la foire) , la lanha: (la laine) . L 'accent aigu
Cet accent peut servir d'accent tonique quand il se trouve à la fin d'un mot: Miné ( minuit) Pamé (pas ou plus). L'accent grave
La prononciation du <<è>>, correspond exactement au son <> de jamais. En patois il lui arrive de passer en accent aigu. 1er exemple : La kushè ( le lit ) , la kôéchè ( la coiffe ) . 2eme exemple : Zhamé (jamais ). L'apostrophe Ce signe joue un rôle important à la Côte d'Aime : il sert à supprimer la voyelle d'un article pour que celui-ci se prononce directement avec le suivant. Il contracte le milieu d'un mot afin de lui donner une meilleure prononciation locale. Il rassemle aussi deux mots 1 er exemple : L'tïn (le temps) 2eme exemple: Kam'tran: ( Carnaval) . 3 eme exemple: Bay'mè: (Donnes moi) . Le son <<â>>
C'est une prononciation particulière du A qui n'a pas son correspondant en langue française. C'est un <<â>> très grave qui pourrai s'écrire <> mais sans qu'on dissocie les deux voyelles à l'oral. Il peut servir aussi pour les infinitifs. Exemple: La lâvra ( la lèvre) , l'prâ 'le pré) Koéhâ : (finir un plat) , pleuhâ: (pleurer). Les consonnes palatalisées
Elles sont écrites de plusieurs façons en français: <>, <>. Je propose, pour une meilleure lecture en patois, d'écrire ces consonnes de la façon suivante: NY, LY. Exemple: La montanyè ( la montagne) , la fôyè: ( la feuille) . Les doubles consonnes Comme en français, on garde certaines consonnes doubles, comme dans <>. Mais en patois, cette consonne est sonnante, comme si elle était dédoublée: lè bounyèttè ( les bugnes). Le pluriel des noms
En patois, la règle du pluriel pour les mots terminés en <>, c'est de les écrire<<è>> sans mettre le S du français. Exemple: La pourta- (lè pourtè), on bonha: (dè bonhè). A part de rares exeptions, les pluriels restent invariables. Exemple: On schanschon,- ( dè schanschon ) , on schêt , (dè schêt ) . |